Le Sous-Titrage Facile et Rapide à partir d’un Transcript – Tutoriel Reaper & Subtitle Workshop

ReaperSubtitles

Cet article fait partie de la série Le Sous-Titrage Facile avec Reaper

  1. Guide Détaillé du Sous-Titrage avec Reaper
  2. Le Sous-Titrage Facile et Rapide à partir d’un Transcript – Tutoriel Reaper & Subtitle Workshop
  3. Sous-Titrage Amélioré avec SWS v2.6.0 et des Scripts Personnalisés
Ce tutoriel est dédié à REAPER v4 et est considéré comme obsolète depuis la sortie de la v5 en août 2015. je vous recommande donc la lecture de l’article suivant (en anglais)

REAPER v5, Text Items and Scripts: Subtitling, Faster Than Ever! / ExtremRaym

Dans mon article Guide Détaillé du Sous-Titrage avec Reaper, je décrivais différentes méthodes pour faire du sous-tirage, de manière rapide et efficace, avec l’aide de Cockos Reaper.

En vue du succès de l’article, j’ai décidé de pousser la chose encore plus loin, et de vous montrer un exemple pratique, en temps réel, de la partie Sous-Titrer à partir d’un fichier finalisé de mon précédant article, une partie importante mais peu dévelopée jusqu’alors ! Ainsi, je me suis filmé en train de sous-titrer une vidéo de 5 minutes, à partir d’un transcript, afin que vous puissiez voir ce que cela donne concrètement !
Le fait de mettre concrètement la main à la pâte m’a donné de nombreuses idées pour améliorer le workflow dont je parlais (via des boutons, des modificateurs de souris et des actions personnalisées sous Reaper, via des Regex sous Notepad ++ etc…). Et ce n’est qu’au bout de la 4e vidéo sous-titrée que je me suis filmé, c’est à dire quand le workflow me paraissait efficace et bien optimisé.
C’est justement le sous-titrage de la 4e vidéo que vous verrez dans cet article.

Pour joindre l’utile à l’agréable (enfin… l’utile à l’utile en fait), j’ai décidé de sous-titrer des vidéos qui me tenaient à coeur, tant par leurs sujets que par leurs messages.

Les vidéos proviennent de l’émission YouTube trop peu célèbre Extra Credits, une émission (géniale) parlant de la théorie des jeux vidéos (game design, scénario et interactivité, notion de choix etc…), dans des épisodes de 5 à 10 minutes illustrés par des dessins originaux et des photos prises sur le net.

Et ce qui est pratique, c’est qu’il existe une team pour le sous-titrage des épisodes, qui fournit des transcripts qu’il n’y a plus qu’à synchroniser et à traduire.

La vidéo qui va être sous-titrée dans ce tutoriel est : Extra Credits: Energy Systems.

Voici le résultat, uploadé via le service de sous-titrage collaboratif Amara :

Plutôt satisfaisant pour un travail fait en 40 minutes ? 😀

Bon aller assez rigolé, passons aux choses sérieuses.

Détails du Tutoriel

  • Durée : Durée de la vidéo multipliée par un facteur de 6 à 8
  • Difficulté : avancée
  • Pré-requis : connaître les termes de base de Reaper, utiliser mon fichier de configuration Reaper X-Raym.ReaperConfigZip, avoir un transcript du média à sous-titrer
  • Système d’exploitation : Windows
  • Logiciels :

Rappels

Le sous-titrage se fait en 3 grandes étapes :

  1. Le Transcript, soit la dactylographie de tout les mots prononcés dans le média à tous-titrer, sans information de time-code
  2. La Synchronisation, soit le calage des répliques du transcript en accord avec le média à sous-titrer
  3. La Traduction, soit la conversion des sous-titres dans une autre langue (ce qui peut être fait à partir d’un fichier déjà synchronisé)

Les étapes 1 et 3 ne necessitant pas d’information particulière, c’est sur l’étape 2 que nous allons nous concentrer, l’étape la plus difficile et qui paraît le moins accessible pour la plus part des gens.

Vidéo

J’ai décidé de ne pas parler pendant la vidéo afin de pouvoir me concentrer pleinement. Cela dit, des petites erreurs imprévues arrivent quelques fois mais rien qui perturbe l’attention ou qui fait perdre trop de temps.
Il aurait été bien difficile de faire 40 minutes de vidéo sans mettre un clic à côté !

Le graphique ci-dessous représente la proportion temporelle de chacune des étapes du processus de créations des sous-titres.

Comme vous pouvez le voir, on passe plus de 50% du temps sous Reaper, ce qui prouve son importance dans le processus.

Explications

Préparation (facultatif)

Timecode : 0s
La vidéo vient de YouTube.
Pour la télécharger, j’ai utilise le génial plugin Firefox YouTube Center (qui est géniale pour plein d’autres raisons dont je reparlerai une prochaine fois).

Synchro

C’est là que Reaper va vous faire gagner beaucoup de temps par rapport à un logiciel de sous-titrage classique. Avec un affichage précis de la forme d’onde, vous pourrez définir les débuts et fins de sous-titres rapidement, sans même écouter la piste. De plus, l’ergonomie de Reaper est suffisament bien pensée pour vous permettre de vous déplacer et de zoomer aisément dans le projet.

Timecode : 17s
Je commence par ouvrir mon modèle de projet “Vidéo”, et je définis le nombre d’images par seconde sur celui de la vidéo.
Le magnétisme et la grille sont activés sur Image. La synchro à l’image est très importante pour des docus ou de la fiction si on veut éviter que des sous-titres rémanents perturbent l’attention du spectateur lors d’un changement de séquence, mais dans le cas d’un commentaire audio comme celui-ci ou d’une conférence, cela est moins important. Cependant, je pense que travailler avec le magnétisme activé en mode Image est un bon réflex à prendre, mais sous-titrer précisément en fonction des changements de plans demande du temps et de la patience en plus.
Je limite la durée du projet à une durée légerement supérieure à celle de la vidéo (afin que le niveau de dézoom maximale ne soit pas trop grand).

Après import de la vidéo, la piste audio est passée en Mix Mino (Gauche + Droite), afin de mieux voir les formes d’ondes.

Il suffit alors de définir des régions qui serviront au sous-titrage, en fonction du débit de parole. On fait donc durer les régions d’une prise de parole jusqu’à une respiration/pause, en évitant les régions trop courtes.
Pour définir des régions rapidement, j’utilise deux actions personnalisées sur la souris (libre à vous de les personnaliser) :

  1. Maj + Clic Gauche sur la moitié inférieur de l'objet => Supprimer Sélection Temporelle, Déplacer Curseur d’Édition, Définir Point de Début Sélection Temporelle
  2. Maj + Clic Molette => Définir Point de Fin de Sélection Temporelle, Insérer Région en fonction de la Sélection Temporelle, Supprimer la Sélection Temporelle

Ne vous inquiétez pas si les phrases paraissent trop longues pour un seul sous-titres, elles seront découpées dans un logiciel de sous-titre externe.
Souvent, vos régions suivront tout simplement la ponctuation du texte, qui correspond à des respirations, donc à des moments de pause et à des endroits sémantiques pour la découpe des sous-titres.

Notez que je laisse souvent traîner un tout petit peu les sous-titres après la fin de la réplique, pour être sûr que l’on ait bien le temps de lire.

Vérifier qu’il n’y a pas de répliques oubliées à la fin du processus.
Vous exécuter l’action Renuméroter les marqueurs dans l’ordre de la ligne temporelle si vous en avez rajouter. Vous ne pourrez exécuter l’action une fois les sous-titres rajoutées, sans risque de voir certains sous-titres s’inverser.

Coller les répliques

À partir du transcript, je vais copier/coller les répliques dans les Sous-titres de Régions de la fenêtre Bloc-Notes, disponible avec les Extensions SWS de Reaper.

Timecode : 8min 53s
J’utilise le logiciel DeskPins, dont j’ai déjà parlé, pour pouvoir garder OpenOffice au premier plan et faciliter les copier/coller.

Timecode : 9min 50s
Sur une barre d’outil, j’active le mode Stop Playback at the End of the Time Selection, et j’utilise deux boutons avec des actions personnalisées pour Aller à la Région Suivante, Définir la selection Temporelle en fonction de la Région, puis Mettre en Lecture.
Ceci me permet de lire une région (et uniquement celle-ci) pour voir ce qu’elle contient, la lecture s’arrêtant à la fin de celle-ci, ce qui est extrêmement pratique dans ce workflow.

Timecode : 10min 10s
Le travail de copier/coller peut commencer.

Timecode : 22min 50s
Avant d’exporter, vérifier que chaque région porte bien un sous-titre.
Il y avait un petit oubli dans mon cas que j’ai pu corriger.
Note : je vous déconseille de redéfinir l’ordre de vos regions car comme vous pouvez le voir, cela décale les sous-titres. J’ai appris cela malgré moi, en faisant la vidéo !

Retours à la Ligne

Timecode : 25min 05s
J’utilise Notepad ++ afin de pouvoir effectuer mes retours à la ligne de manière ultra rapide, en minimisant le nombre de clique nécessaire.
Je me suis créer un fichier de colorisation synthaxique UDL pour les fichiers SRT afin de m’y retrouver plus rapidement.

Timecode : 25min 11s
L’affichage d’une marge (limite de colone) est disponible afin de faciliter l’appréciation de la zone de retour à la ligne (dans mon cas, 45 caractère me paraît bien).
Timecode : 25min 22s
Le travail de retour à la ligne peut commencer.
Bien sûr, il faudra touver la bonne balance entre les endroits sémantiques (avant les conjonctions de coordinations) et la longueur de lignes pour vos découpes.

Timecode : 35min 23s
Je finis par utiliser deux Regex (expressions régulières) dans la fenêtre Remplacer afin de supprimer les espaces indésirables en début et fin de lignes.

  • Remplacer ^\s par rien.
  • Remplacer \s\r par \r\n (il est possible qu’il faille l’éxécuter plusieurs fois).

Timecode : 35min 42s
Pour le moment, Subtitle Workshop ne supporte pas l’encodage de document en UTF-8, format utilisé par les sous-titres exportés par Reaper.
Changer l’encodage d’un document provoque parfois des problèmes de caractères. Pour contrer ça je sélectionne tout le texte, je le coupe, je change l’encodage du document en ANSI et je le colle.
Voilà, votre fichier est prêt pour Subtitle Workshop !

Timecode : 35min 57s
Pendant mes sessions screencapture de préparation, Subtitle Workshop plantait lorsque le fichier de sous-titre était chargé avec la vidéo. Je nomme donc le fichier SRT avec un nom légèrement différent que celui de la vidéo, afin que celle-ci ne soit pas chargée dans Subtile Workshop. Il est possible que vous n’ayez pas besoin de faire ça.

Divisions des Lignes

Comme vous l’avez remarquer, certains de nos sous-titres contiennent un nombre de lignes trop important. Nous allons utiliser Subtitle Workshop, dont la division automatique des sous-titres est faîte en fonction des sauts de lignes, et dont la durée des sous-titres ainsi divisés est établie par rapport au nombre de caractère par seconde jugé optimum.

Timecode : 36min 04s
Je lance l’outil d’analyse d’erreurs des sous-titres : les sous-titres colorisés en bleus sont ceux qui ont un nombre de lignes trop important.

Timecode : 36min 10s
Il suffit de séléctionner individuellement les sous-titres au nombre de lignes trop importantes puis de faire Ctrl + Maj + D pour activer la fenêtre de division de lignes.

D’autres erreurs peuvent rester (nombre de caractères trop important par ligne, durée de sous-titres trop courtes etc), à vous de juger si cela vaut le coup d’être corriger (via fusion/division de sous-titres, augmentation de la durée en faisant attention aux chevauchement etc…)

Timecode : 39min 00s
Je sauvegarde.
Et hop votre fichier de sous-titres est prêt !

Importation dans Amara (facultatif)

Timecode : 39min 30s
Amara est un service de sous-titrages collaboratif. Vous référencez une vidéo, vous y uploadez vos-titres et HOP n’importe qui peut les traduire dans sa langue !

Note : Si votre transcript a été dactylogrpahié dans un logiciel de traitement de texte, il se peut que les accents, les guillemets et certains autres caractères soit transformées dans leur forme plus élégante. Ainsi, ' peut devenir , "..." peut devenir “...” ou « ... » etc…
Le problème, c’est que ces caractères spéciaux ne sont pas toujours bien gérer par la plateforme pour laquelle vous destinez vos sous-titre, ce qui es le cas pour YouTube si les sous-titres sont en ANSI.
Vous avez donc deux possibilités : soit remplacer les caractères à problème via une succession de Rechercer/Remplacer, soit convertir les sous-titres en UFT-8, le tout via Notepad ++, la dernière solution étant la plus simple, la plus rapide et la meilleure, mais il faudra vérifier que cela marche comme prévu.
Par chance, uploader vers Amara ne demandera pas de telles manipulations.

Timecode : 40min 15s
J’en profite pour rajouter ma signature 😛

Autres exemples

Voici d’autres que j’ai sous-titrées en utilisant cette méthode.
La plus part proviennet de la série Jeux et Éducations, sujet qui m’intéresse beaucoup, pour lequel est développé des idées qui, à mon avis, méritent d’êtres partagés.

J’ai aussi fait la vidéo sur la notion de “Power Creep”, ou pourquoi les extensions d’un jeu apportent très souvent des éléments surpuissant part rapport au jeu de base.

Ainsi que la vidéo Gamify Education.

Conclusion

Comme vous pouvez le voir, Reaper et ses extensions SWS s’intègrent parfaitement dans un travail de sous-titrage, avec de bons raccourcis/boutons/modificateurs de souris et actions personnalisées, en offrant des outils (affichage de la waveform, créations de macros etc…) et avec une ergonomique rarement égalée par la plupart des logiciels de sous-titrages.
Reaper permet donc bien de synchroniser des sous-titres rapidement et facilement ! 🙂

Si le travail des sous-titres sous Reaper vous a plu, je vous recommande une fois de plus de jeter un coup d’oeil à mes Feature Requests pour Cockos Reaper et les Extensions SWS, afin d’augmenter le potentiel de Reaper dans la gestion des sous-titres !

Merci à tous,

Et bon sous-titrages !

Reaper Forum Thread : A Detailed Guide to Subtitling with Reaper